L'intégration d'un chiot dans le quotidien d'un chien de six ans ! Partie 5

Juliette le chiot Berger Allemand l'histoire !
 LA PROPRETÉ ET L’ALIMENTATION DE JULIETTE   L’éducation à la propreté a été un jeu d’enfant avec Juliette. Il faut dire que nous ne lui avons laissé aucune chance d’être malpropre. Je l’amène dehors après chaque sieste, chaque période de jeu et après chaque repas ; elle sort au moins une fois  aux deux heures sur le terrain en arrière de la maison. Lorsqu’elle fait pipi, il pleut des biscuits ! "Bon chien !" je m'exclame d'un ton joyeux accompagné de caresses. Elle comprend très rapidement ce que j’attends d’elle : il n’y a eu qu’un seul pipi dans la maison ! Durant la nuit, lorsqu’elle chigne dans sa cage, je me lève et toute endormie, l’accompagne pour faire ses besoins.   Du côté de la digestion, cependant, il y a de la perturbation. Juliette est en diarrhée à répétition, causée certainement par les émotions reliées à tous ces changements. On va l'aider avec des produits naturels. Son ancienne nourriture y joue un rôle aussi, elle ne semble pas convenir au métabolisme du carnivore qu’est Juliette. Elle produit des selles plus volumineuses que celles de Porto qui pèse 120 livres. Un des signe de son inconfort causé par la nourriture sont ses grattages fréquents ; on va donc radicalement changer son alimentation : elle sera désormais a base de viande, séchée et crue.   Je me rends compte rapidement que le changement d’alimentation est très motivant pour Juliette : elle fait de la possession de nourriture et ne tolère pas que je m’approche d’elle pendant qu’elle mange. Afin de défaire cette habitude positivement, je me tiens à une distance qui permet à Juliette de rester dans sa zone de confort et je tourne autour d’elle. Par la suite, pour lui montrer que je n’ai aucune intention de lui enlever quoique ce soit, j’ajoute des morceaux appétissants de nourriture dans son plat. À chaque repas, je répète ce scénario et en peu de temps, elle commence à se sentir à l’aise avec ma présence. Marie-Eve Godbout, de son côté, continue la désensibilisation avec Juliette durant les périodes ou la petite bergère est avec elle. Au bout de trois jours, elle me permet de la flatter pendant qu’elle mange.   Pour un chiot comme Juliette, les promenades, telle une boîte à surprise,  abritent une foule de découvertes et de nouveautés. Beaucoup de données inconnues à intégrer dans son répertoire de «  monde », un peu à l’image du voyageur  dans un pays lointain qu’il ne connaît pas et ne comprend pas… Comment ne pas être anxieux ? Lors de la marche dans la rue, Juliette s’arrête brusquement, elle ne veut plus avancer. Pour l’inciter à avancer sur le trottoir, on étend des biscuits comme les perles d’un collier, et Juliette les ramasse, gourmande, un à un ;  à d’autres moments, on utilise une balle qui crie, et dans son excitation, Juliette oublie sa peur et cherche à saisir la balle. Mais lorsqu’on passe devant une maison, son désir de rentrer l’emporte, un désir de sécurité, alors elle tire vers la porte d'entrée et gémit. Une autre manifestation de son anxiété se présente lorsque Juliette  accompagne une de mes amies et moi lors d’une sortie au casse-croûte. Juliette se cache en arrière de la voiture, blottie effarouchée dans le fond et ne veut pas sortir de là. Nous l’observons, sans la forcer de sortir de l’auto, et nous cherchons à comprendre. Nos tentatives de lui faire surmonter son angoisse et de la rassurer en lui présentant des morceaux de hamburger ne porte pas fruit, elle ne bouge pas d’un iota.   Juliette, à ses débuts avec nous, a une particularité physique qui nous intrigue beaucoup, Pierre et moi. Ses pattes en avant n’ont que deux griffes, les trois griffes du centre de la patte sont à peine visibles, on dirait qu’elle les a complètement grugées… Si cela avait été causé par une carence nutritionnelle, toutes ses griffes seraient affectées de la sorte, mais ce n’est pas le cas. Nous supposons qu’il s’agit d’une manifestation de grande détresse et d’anxiété… peut-être dues à ses possibles origines d’usine à chiot ? qui sait… il y a eu quelque chose qui l’a incité à s’automutiler. Nous nous demandons si ces griffes-là vont repousser un jour?   Comme bien des chiots de toute race, Juliette, lorsqu’elle joue et s’excite aime bien nous mordiller les jambes et les poignées. A voir nos réactions, elle semble ne pas associer son plaisir à notre douleur. Mais elle adore gruger des os, et cette activité comble parfaitement son besoin de se servir de ses dents.   Le soir, elle pleure dans sa cage. Je la laisse pleurer afin de ne pas encourager ce comportement, je ne dis rien, je ne m’approche pas d’elle, je l’ignore complètement. Le premier soir, Juliette a pleuré pendant dix minutes, le deuxième soir pendant deux minutes et le dernier soir pendant trente secondes, car j'ai ignoré ses gémissements.   Peu à peu, petit pas par petit pas, le lien de confiance entre Juliette et nous, Pierre et moi, se construit, un lien basé sur le respect de ce qu’elle est, un animal de la famille des canidés, un animal, certes, mais avant tout un être à part entière, un être à aimer avec toutes ses particularités.    

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