Je m’appelle Gaston : Le testament d'un loyal compagnon

Merci Valerie de nous avoir donné la permission de partager ce
très beau texte. 

« Par une belle journée ensoleillée, j’ai passé mes dernières heures avec Gaston que j’aime incroyablement. Paisible dans mes bras, dans son jardin et, je l’espère, habitué sans doute à considérer que, puisque j’étais là, il ne pouvait rien lui arriver de fâcheux, le vétérinaire a permis qu’il s’éteigne doucement. De battre, son cœur a cessé, à 14h23, en ce 3 juillet 2015. Je n’éprouve aucune honte à avouer que j’ai longuement pleuré et je crois que mon cœur a également cessé de battre en même temps que le sien… C’est une magnifique histoire, notre histoire… »

Ma date de naissance est le 9 juin 1995… enfin ce n’est pas exact, j’ai été trouvé le 9 juin 1995, rue St‑Olivier à Québec. Je ne me souviens pas de ma vie avant cette date si ce n’est que, déjà très jeune (9 semaines environ) je voulais voir ce qui se cachait derrière cette porte et quand l’occasion s’est présentée, je me suis retrouvé dehors ! Mais j’étais perdu... J’ai vu un humain s’asseoir sur un banc, et caché sous une voiture, je l’ai interpellé en miaulant. Cet humain s’est approché, m’a parlé doucement, m’a mis dans sa main (c’est pour dire que j’étais petit) et je me suis trouvé un nouveau foyer. Il y avait déjà Nefertiti, la princesse, et Spike, l’aristochat. Dès mon arrivée, je leur ai fait comprendre qui était le chef. Depuis ce jour, mon humain Valerie et moi sommes ensemble et cela a fait 20 ans, il y a quelques semaines.

Ces derniers jours, le fardeau de ma vieillesse me pèse lourdement et je sais ma fin prochaine. C’est pourquoi, moi, Gaston, je dépose en secret dans l’âme et le cœur de Valerie, mon testament.

J’ai eu une vie extraordinaire et remplie d’aventures et d’amour ! Presque aussitôt, un lien très fort ainsi qu’une belle complicité sont nés entre nous. C’est très difficile à comprendre pour ceux et celles qui ne nous ont pas vus ensemble.

Mais maintenant, mes reins faiblissent rapidement et je sens que la vie me reproche d’avoir trop longtemps prolongé la fête. Valerie, très attentive, depuis deux nuits, me veille et dort avec moi par terre. Si ce n’est pas de l’amour, je ne sais pas ce que c’est… Je n’ai aucun doute qu’elle aurait été en enfer s’il le fallait pour moi… Mais je dois faire mes adieux, même s’il sera douloureux de la quitter, car je me doute du chagrin profond que sera le sien, mais pas de mourir car les chats ne redoutent pas la mort.

Que se passe-t-il après ? Nul ne le sait. J’aimerais croire qu’il est un paradis où l’on jouit d’une jeunesse et d’une vitalité éternelle, et où l’on puisse rêver et évoquer le souvenir des jours passés sur la terre et de l’affection des humains qui nous ont chéris.

Valerie, chaque fois que tu penseras à moi, dis-toi avec regret mais aussi avec bonheur, en te rappelant ma longue vie auprès de toi : C’était un chat qui m’aimait et que j’aimais et si loin que je pourrai être dans le paradis des animaux, je t’entendrai et tout le pouvoir de la mort n’empêchera pas mon âme de félin de miauler ma tendre et éternelle reconnaissance.

C’est une belle journée ensoleillée avec un léger vent… J’ai senti une piqûre. Mon humain m’a pris dans ses bras et me berce. Je sens son souffle et ses baisers. Je m’endors… C’est une belle histoire, notre histoire…

- Gaston


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