EN RÉPONSE AU MÉMOIRE DÉPOSÉ AU MAPAQ PAR LA FÉDÉRATION DES CHASSEURS ET PÊCHEURS DANS LE BUT DE FAIRE AMENDER L’ARTICLE 26 DU GUIDE D’APPLICATION DU RÈGLEMENT SUR LA SÉCURITÉ ET LE BIEN ÊTRE DES CHATS ET DES CHIENS

À la page 2 du mémoire de la Fédération des chasseurs, on lit ceci : « Les entraîneurs sont des professionnels compétents qui ont besoin de divers outils de travail … » FAUX : Tous les entraîneurs ne sont pas compétents. Et tous les chasseurs ne sont pas des entraîneurs. À preuve, certaines erreurs que contient le mémoire et qu’un entraîneur professionnel ne commettrait jamais. Voici quelques-unes de ces erreurs. Première grossière erreur: À la page 5 du mémoire, on lit ceci : «Le conditionnement classique (ou conditionnement opérant) est la base de l’apprentissage chez l’animal.» FAUX. On confond deux notions de base: le conditionnement classique (conditionnement répondant) et le conditionnement opérant. Ce sont deux conditionnements différents! Il s'agit là d'une distinction de base que tout entraîneur professionnel se doit de maîtriser. CONDITIONNEMENT [conditioning] : on distingue deux types de conditionnement -- RÉPONDANT [respondent] : type d'apprentissage dans lequel un stimulus neutre est associé à un stimulus inconditionné qui déclenche une réponse réflexe; après plusieurs associations entre ces deux stimuli, le stimulus conditionné déclenche seul la réponse inconditionnée. La modification qui résulte de l'apprentissage concerne donc ici la capacité du stimulus conditionné de déclencher une réponse qu'auparavant il ne déclenchait pas. Syn.: classique, de type I, pavlovien. -- OPÉRANT [operant] : type d'apprentissage dans lequel un comportement est modifié en agissant sur les stimuli qui suivent immédiatement son émission. La modification qui résulte de l'apprentissage concerne ici le comportement qui est modifié par les conséquences qui suivent son émission. Syn.: instrumental, de type II ou skinnérien. Magerotte G., Willaye É. (2010) Intervention comportementale clinique. Bruxelles : De Boeck Université, p. 299. http://fr.wikipedia.org/wiki/Conditionnement_(psychologie) Deuxième grossière erreur: À la page 7 du mémoire, on lit ceci: «Autant les renforcements que les punitions doivent être présentés immédiatement après ou avant le comportement, dépendamment qu’on se situe en renforcements ou en punitions positifs ou négatifs.» FAUX. Il faut très peu ou très mal connaître le conditionnement opérant pour écrire de telles aberrations. Par définition, une conséquence suit le comportement Elle ne le précède pas! De plus, l'auteur semble associer les termes "positifs" et "négatifs" au moment où apparaissent le renforcement ou la punition. On nage en pleine confusion! Ici encore, l'auteur démontre qu'il ne maîtrise pas la base du conditionnement opérant (revoir l’encadré) ce que tout entraîneur professionnel doit connaître et appliquer parfaitement pour assurer un apprentissage de qualité dans les meilleures conditions possible. Il en va du bien-être physique et mental des animaux qu'on entraîne! http://fr.wikipedia.org/wiki/Conditionnement_(psychologie) Troisième grossière erreur: À la page 2 du mémoire, on lit ceci : « … il n’y a pas d’études, actuellement, qui démontrent clairement que dans de telles situations d’apprentissage, ils [les colliers électriques] causent des blessures et de la douleur quand ils sont utilisés adéquatement. » FAUX. Et les blessures ne sont pas toujours physiques. Vous  trouverez toute une liste d’études à ce sujet à cette adresse : http://www.banshockcollars.ca/studies.php  Nous tenons à attirer votre attention, entre autres, sur l'étude de Matthijs B.H. Schilder a,b, et Joanne A.M. van der Borg a intitulée Training dogs with help of the shock collar: short and long term behavioural effects. Cette étude,  menée par les départements d’éthologie et des sciences cliniques pour les animaux de compagnie de l’Université d’Utrecht, apporte la conclusion suivante : « We concluded that shocks received during training are not only unpleasant but also painful and frightening. Furthermore, we found that shocked dogs are more stressful on the training grounds than controls, but also in a park. This implies, that whenever the handler is around, the dog seems to expect an aversive event to occur. A second unwanted association might be that the dogs have learned to associate a specific command with getting a shock. Apart from the acute pain and fear, these expectations may influence the dog’s well-being in the long term in a negative way.” Qui se traduit ainsi : “Nous avons conclu que les chocs reçus au cours de l’entraînement ne sont pas seulement désagréables, mais également douloureux et effrayants. En outre, nous avons constaté que les chiens soumis à des chocs sont non seulement plus stressés sur ​​les terrains d'entraînement que ceux du groupe-témoin, mais le sont aussi davantage dans un parc. Cela implique que chaque fois que le manieur est là, le chien semble s'attendre à ce qu’un événement aversif se produise. Une deuxième association indésirable pourrait être que les chiens ont appris à associer une commande spécifique à l'obtention d'un choc. En plus de la douleur et de la peur, ces attentes peuvent influencer négativement le bien-être du chien  à long terme. »   En guise de conclusion De nos jours, on utilise de plus en plus le renforcement positif pour entraîner des chiens de travail de haut niveau. Ces entraînements basés sur le renforcement positif sont si efficaces que, par exemple, Guide Dogs for the Blind (GDB), la plus grande école de chiens-guides américaine, a développé un programme d'entraînement basé sur le renforcement positif. http://www.guidedogs.com/site/PageServer?pagename=programs_dog_research Des chiens policiers, peu importe leur travail (contrôle de foules, détection d'explosifs, recherche de personnes, etc.) reçoivent maintenant un entraînement basé sur le renforcement positif. Une référence dans ce domaine est Steve White de la police de Seattle. http://i2ik9.com/Staff.htm Même des chiens de chasse reçoivent un entraînement basé sur le renforcement positif! http://www.positivegundogassociation.com. Dans tous ces contextes où les niveaux de performance exigés des chiens sont extrêmement élevés, l'entraînement basé sur le renforcement positif a fait ses preuves. Le temps où on entraînait les chiens avec des outils aversifs comme le collier électrique est bel et bien révolu. Comme toutes les autres activités humaines, l'entraînement des chiens a évolué.   Compte tenu de tout ce qui précède, nous, professionnels en entraînement et en éducation canine, demandons au MAPAQ de rejeter la demande de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec. Nous souhaitons que le MAPAQ refuse catégoriquement aux chasseurs le droit d'utiliser le collier électrique sous toutes ses formes, que le chien soit en entraînement ou au travail. Marie-Josée Audet, intervenante en comportement canin Danielle Godbout, coach en comportement canin et formatrice École Réflexion Mélanie Legrand, intervenante en comportement canin Jean Lessard, éducateur canin / comportementaliste (MCP (CDT), chroniqueur à l'émission Animo (Radio-Canada) et au Magazine Animal Brigitte Tardif, formatrice École Réflexion et propriétaire de l’Art des Animaux Philippe Thyrion, intervenant en comportement animal Nancy Tucker, CPDT-KA, intervenante en comportement canin, éducatrice et conférencière   Nous soutenons cette demande, Dre Debra Tacium, m.v. Dre Lois Saucke, m.v.
Collier électrique pour chien

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